
La Bouillonnante .... je me rappelle encore l'édition 2010, j'avais vécu une journée très difficile mais riche d'enseignements. A cette époque là, j'étais loin d'être en forme, mon objectif était de terminer, de faire le point sur mon état de forme. Au delà de ça, j'avais aussi envie de me tester sur une course très difficile afin de travailler mon mental dans la perspective de la CCC quelques mois plus tard.
Pour 2011, mon objectif est d'emmener Sophie au bout des 100 km de la CCC.
Etat des lieux
Que dire de ma préparation, euhhh pas grand chose car elle a été quasi inexistante...
1 mois et demi avant la course, j'ai attrapé une tendinite. Pour une fois je décide de prendre la chose au sérieux en coupant totalement, ça tombe bien c'est la période des grandes courses Parisiennes (Semi, Eco-trail et Marathon de Paris) je vais pouvoir récupérer et découvrir le monde des salons (stand) grâce à Xtenex. D'ailleurs ce fut une superbe expérience dont je vous parlerai dans un prochain post.
Donc je disais, 3 semaine de coupures, il reste donc 3 semaines pour se préparer, c'est peu. Je décide de faire du fractionné en côte pour charger au maximum les jambes pendant 15 jours.
Je sais que le foncier va me manquer mais bon on fera avec. L'important c'est d'arriver motiver et pas trop "lourd".
6 jours avant la Bouillonnante, je décide de faire une sortie longue, ça tombe bien il y a un parcours 28km sur le Radicatrail. Je termine la course physiquement fatigué mais mentalement ça va.
Objectifs
Travailler sa force mentale !!

Cette année je n'ai pas d'objectif, c'est mon amie qui en a un, celui de terminer la CCC avec moi alors je vais lui appliquer la même recette que je me suis imposé en 2010.
Pas de plan sur X semaines mais un enchainement de trail (de nuit, à fort dénivelé, rapide, etc...).
Le premier de la liste c'est la Bouillonnante, le plus difficile par son parcours et son positionnement avancée dans le calendrier.
Ces dernières semaines n'ont pas été évidentes, avec ma blessure, du coup ma motivation n'est pas au top. On fera avec ....
L'avant course
Nous avons quitté la Normandie le jeudi soir afin d'organiser notre départ le lendemain matin avec mes parents (c'est important que je les cite, vous allez comprendre pourquoi...).
On arrive sur les lieux vers midi, nous débutons par un restaurant, je prends une assiette de moule au curry (je sais "ce n'est pas bien") et une bière belge !!!

Nous partons ensuite vers le bois, nous empruntons un petit chemin, ça grimpe fort. Le vent est fort, la pluie fait son apparition, des branches tombent, nous faisons demi tour, j'aide ma mère afin qu'elle ne tombe pas.
Ah oui j'ai oublié de vous dire que j'ai équipé mes parents de Hoka Mafate et Mafate WP, notamment pour leur permettre d'avoir un meilleUr confort.
Nous descendons, tout d'un coup je vois mon père accélérer, il tourne à gauche, je ne m'inquiète pas car il court en travers de la pente puis en l'espace d'une micro seconde il disparait, je panique, je crie, je dévale la pente à grandes enjambées, je me rappelle que derrière ce chemin il y a une chute de 3 à 4 mètres et qu'en bas c'est une route. Je crains le pire !!
En arrivant je découvre mon père plein de boue, il est tombé dans l'unique flaque de boue présente sur la route. Quelques centimètres plus loin et c'était la catastrophe.... une anecdote que je ne suis pas prêt d'oublier !!!

Après ces péripéties, nous allons récupérer les dossards, mangeons à l'hôtel puis repos.
La course
On se lève avec un brouillard qui se dissipe rapidement pour ensuite laisser place à un soleil radieux. La température est excellente pour courir.

Je rencontre Olivier, ami et responsable des Chti Trailers, association qui court pour soutenir moralement et financièrement Agathe contre sa maladie.

Je pose avec le futur vainqueur Michel "Mitch" Verhaeghe. Mon pronostic était bon ii

Je croise Christophe Barbier dont le blog vaut le détour, notamment son récit de la Diagonale des fous qu'il a couru et terminé en octobre dernier.
Le départ est lancé de l'intérieur du château de Bouillon, nous nous mettons devant car la première côte arrive vite et ne permet le passage que d'un seul coureur.

On part sur un train disons modéré, car la route est encore longue. A noter que nous ne nous sommes pas échauffés.
Au 10ème kilomètre, ça commence à bien monter, j'insiste plusieurs fois auprès de Sophie pour qu'elle ralentisse, la route est encore longue.
Les chemins empruntés sont magnifiques, nous passons en bordure de rivières, au sommet d'une côte avec une vue imprenable sur la vallée, c'est parfait les kilomètres défilent.
On arrive au premier ravitaillement, Sophie éprouve le besoin de respirer, je demande les bâtons à mes parents qui biensûr étaient présents à tous les ravitaillements (presque tous.....).
Ce que je redoutais arriva, nous avons enchainé des portions plus roulantes, le changement de rythme laisse des traces. Sophie accuse le coup et commence à paniquer. Elle avait déjà vécue cette situation sur la 6000D 2010, avec un gros coup de barre au 20ème ....
Je l'encourage, lui donne à manger et à boire, je lui explique comment utiliser les bâtons (important pour économiser de l'énergie tout en avançant).
Cela dure quelques kilomètres, elle chuchote qu'elle veut arrêter. Je patiente quelques kilomètres et ça revient, elle commence à aller mieux, elle accélère même, du coup c'est moi qui y ai laissé des plumes, je coince, c'est dur. Certainement une petite fringale.
Nous arrivons au 30ème, je lui dis de partir car avec mon manque d'entrainement, je ne sais pas si je vais aller mieux. Et puis ça va lui permettre de gérer son effort et d'assimiler de l'expérience.
Je prends le temps de me refaire une santé en marchant un kilomètre, je cours à nouveau même très bien d'ailleurs, je double une dizaine de coureurs.
Je vais tellement "vite" que je descends une longue côte en un peu moins de 5 minutes. Arrivé en bas, j'ai le choix entre aller à gauche ou à droite, je ne vois aucune rubalise, je comprends vite que je n'ai pas pris la bonne route, je fais demi tour très agacé, je monte en marchant car ça grimpe très fort, je perds au moins 10 minutes.
Le moral est dans les chaussettes. je pense m'arrêter au ravito du 39ème mais je me demande si mes parents seront là car Sophie est devant et qu'ils vont la supporter et l'encourager pour qu'elle essaie de se classer dans le top 10.
Personne au 39ème, je continue, personne au ravito suivant. Je discute avec plusieurs coureurs, on se conseille, je leur explique ma façon de grimper. C'est étonnant mais je trottine en faisant des petits pas, cela permet de ne pas charger les jambes contrairement aux foulées plus longues.
Je traverse les deux rivières, il reste quelques kilomètres, je suis décidé à terminer même dans le dur.

La douleur est présente mais je m'habitue, c'est exactement ce que j'étais venu chercher.
Je rattrape un nordiste qui s'appelle Nicolas (Jog'ablain), il a des crampes, je décide de faire la dernière demi heure avec lui. Il marche tellement vite que je dois trottiner pour le suivre.
La fin de parcours est vraiment appréciable, les deux passages dans la rivière nous ont fait le plus grand bien.
On arrive dans les 500 derniers mètres, il nous reste à grimper les marches qui nous amènent en haut du fort, il y a du monde en haut pour nous accueillir, l'ambiance est digne d'une arrivée du tour de France lol

J
e termine en un peu moins de 8h. Ce n'est pas un temps canon, je mets plus d'une heure et 20 minutes de plus qu'en 2010.
Le temps est conforme avec le peu d'entrainement que j'ai réalisé. J'ai une impression de travail accompli.
Sophie termine avec des débuts de crampe dans un temps de 7h20, ce qui la place 7ème et 2ème Sénior. C'est vraiment bien et prometteur pour la CCC.

L'année prochaine, si elle gère mieux son effort et qu'on arrive préparé, il y a des chances qu'elle se classe mieux et qu'elle passe sous les 7h. Mais on verra bien.
L'important c'est d'avoir franchi cette étape, la plus difficile du programme.
Les bons points de la course
Tout d'abord, nous avons terminé la course c'est l'essentiel en trail, ensuite je retiendrai la ténacité dont nous avons fait part.
Le parcours qui est magnifique, les bénévoles très sympathiques, les deux passages dans l'eau sont une très bonne idée.
A noter aussi la très bonne initiative des organisateurs de ne proposer aucun gobelet pendant la course obligeant ainsi les coureurs à s'équiper à l'avance.
Quelques abrutis (et je pèse mes mots) ont encore jetés des tubes de gels, Messieurs les abrutis, va falloir arrêter vos conneries !!